{"id":63,"date":"2025-07-27T01:40:14","date_gmt":"2025-07-26T23:40:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.suudupulakou.org\/?p=63"},"modified":"2025-07-27T01:40:14","modified_gmt":"2025-07-26T23:40:14","slug":"le-takrur-des-origines-a-la-conquete-par-le-mali-vieme-xiiieme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.suudupulakou.org\/index.php\/2025\/07\/27\/le-takrur-des-origines-a-la-conquete-par-le-mali-vieme-xiiieme-siecle\/","title":{"rendered":"Le Takrur\u00a0: des origines \u00e0 la conqu\u00eate par le Mali (VI\u00e8me\u00a0? \u2013 XIII\u00e8me si\u00e8cle)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 de la th\u00e8se intitul\u00e9e\u00a0<em>Le Takrur\u00a0: des origines \u00e0 la conqu\u00eate par le Mali (VI\u00e8me\u00a0? \u2013 XIII\u00e8me si\u00e8cle)<\/em>, doctorat de 3<sup>\u00e8me<\/sup> cycle pr\u00e9sent\u00e9 par Ba Abdourahmane sous la direction du Pr J. Devisse, Universit\u00e9 Paris Jussieu, UFR de G\u00e9ographie, Histoire et Sciences de la soci\u00e9t\u00e9, 1984, 261p.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette th\u00e8se qui se veut une \u00ab\u00a0entreprise de sauvetage du Takrur\u00a0\u00bb (page 13), suivant les recommandations du Professeur Moraes Farias, se pr\u00e9sente comme un voyage dans l\u2019histoire de l\u2019Afrique m\u00e9di\u00e9vale ou plut\u00f4t de l\u2019Afrique occidentale m\u00e9di\u00e9vale pour questionner les sources orales et \u00e9crites existant en la mati\u00e8re. Elle tente, non seulement de percer une partie du myst\u00e8re sur une p\u00e9riode peu connue de cette contr\u00e9e, mais aussi et surtout de d\u00e9construire certaines id\u00e9ologies v\u00e9hicul\u00e9es par des chercheurs dont l\u2019objectivit\u00e9 est mise \u00e0 mal d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de se pencher sur l\u2019histoire africaine. Pour atteindre ces objectifs, Ba organise son travail autour de cinq (5) parties.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re partie se penche sur une tentative de r\u00e9cr\u00e9ation g\u00e9ographique du Takrur en en tra\u00e7ant les limites qui se sont modifi\u00e9es au gr\u00e9 des vicissitudes de l\u2019histoire d\u2019une r\u00e9gion assez mouvement\u00e9e, de la fortune des princes maures et s\u00e9n\u00e9gambiens ayant contr\u00f4l\u00e9 la zone. Ba commence par camper la r\u00e9gion du Fuuta Toro, consid\u00e9r\u00e9e comme la continuit\u00e9 du Takrur. Cette r\u00e9gion aride irrigu\u00e9e par le fleuve S\u00e9n\u00e9gal est, selon l\u2019auteur, le berceau d\u2019une civilisation n\u00e9e des opportunit\u00e9s que la zone humide des pourtours du fleuve offre pour l\u2019agriculture. Faisant partie du S\u00e9n\u00e9gal actuel, elle s\u2019\u00e9tend sur sept r\u00e9gions et comprend une large bande situ\u00e9e \u00e0 cheval entre le d\u00e9sert et le climat soudanais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019histoire de cette zone est bien connue dans la p\u00e9riode allant du 16<sup>\u00e8me<\/sup> au 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, elle l\u2019est tr\u00e8s peu pour celle datant d\u2019avant, vu la raret\u00e9 des informations la concernant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour d\u00e9limiter le Takrur qui correspond globalement \u00e0 cette r\u00e9gion du Fuuta Toro, \u00e0 son apog\u00e9e, Ba insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se fonder beaucoup plus sur les dynasties qui en ont pris le contr\u00f4le au cours de l\u2019histoire que de s\u2019en tenir \u00e0 des limites territoriales physiquement marqu\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re dynastie sur laquelle il s\u2019appuie pour parler du Takrur comme entit\u00e9 \u00e9tatique, constitue les Jaa Ogo qui seraient venus, selon les r\u00e9cits du traditionniste Sir\u00e9 A. Sow, de la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef (le mont Tor) avant de passer par Tagant pour arriver dans ce qu\u2019est le Fuuta Toro actuel.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les limites du royaume, du temps des Jaa Ogo comprendraient les bords du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, le Tagant et une partie de l\u2019actuel Fuuta Toro en ayant une extension vers le Nord. Mais, pour C. M. Kamara, les Jaa Ogo n\u2019auraient nullement une origine \u00e9gyptienne et seraient tout simplement venus du Dyolof. Leur cercle de commandement engloberait la zone comprise entre le Ferlo et la vall\u00e9e du S\u00e9n\u00e9gal, y compris le Namandiru. Cependant, les sources orales Wolof contestent l\u2019appartenance du Namandiru au Takrur. Outre Sow et Kamara, une version Sonink\u00e9 fait du Takrur du temps des Jaa Ogo un \u00c9tat faisant fronti\u00e8re avec le territoire des Baccili.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ba, apr\u00e8s une critique de ces diverses versions, conclut la question sur les limites du Takrur des Jaa Ogo en substituant \u00e0 l\u2019aspect territorial l\u2019aspect humain, le peuplement. Aussi note-il que le Takrur des Jaa Ogo semble \u00eatre une zone ayant abrit\u00e9 divers groupes ethniques\u00a0: Walof, Sereer, Haal pular et peut-\u00eatre Sonink\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Takrur des Jaa Ogo, succ\u00e8de celui des Manna (deuxi\u00e8me dynastie r\u00e9gnante). A cette \u00e9poque, le territoire qui semble inconnu des auteurs arabes au moment des premiers contacts transsahariens, l\u2019est de plus en plus par la suite parce que nombre d\u2019entre eux, dont Al-Bakri et Al-Idrissi en font une description pour situer sa position g\u00e9ographique et faire \u00e9tat de son rapport avec ses voisins comme Ghana. Ainsi, Al-Bakri et d\u2019autres auteurs soutiennent que le Takrur occupe, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les environs de Podor, alors qu\u2019Al-Idrissi et Ibn Said le r\u00e9duisent tout simplement au statut de capitale d\u2019un pays prosp\u00e8re. Mais, si Al-Idrissi le localise pr\u00e8s de Ghana et du Galaam, Ibn Said le situe entre deux rives du Nil (pris ici comme n\u2019importe quel fleuve que Ba s\u2019efforce d\u2019identifier au S\u00e9n\u00e9gal).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout compte fait, les sources parlent du Takrur des Manna comme d\u2019un \u00c9tat dont la puissance et le rayonnement lui permettent de rivaliser avec l\u2019empire du Ghana autant sur le plan \u00e9conomique que sur les plans politique et id\u00e9ologique. Cette rivalit\u00e9 s\u2019exprime \u00e0 travers l\u2019opposition des deux Etats en ce qui concerne le r\u00f4le strat\u00e9gique que chacun veut avoir dans le contr\u00f4le de la r\u00e9gion. Il s\u2019ensuit une domination de Ghana dans le commerce tandis que le Takrur marque son h\u00e9g\u00e9monie dans le domaine de l\u2019exploitation de l\u2019or. Cette rivalit\u00e9 s\u2019exprime \u00e9galement \u00e0 travers l\u2019opposition des deux Etats en termes de pratiques religieuses (le Ghana animiste s\u2019opposant au Takrur islamis\u00e9) et sur le d\u00e9sir de chacun des deux Etats de contr\u00f4ler le royaume voisin de Silla entre les XI\u00e8me et XII\u00e8me si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la dynastie Manna, surtout au XII\u00e8me si\u00e8cle, le Takrur se trouve \u00eatre au milieu d\u2019enjeux r\u00e9gionaux et sa puissance lui permet d\u2019\u00e9tendre ses fronti\u00e8res en soumettant la ville aurif\u00e8re de Yaresna (ou Barisa). Aussi, aid\u00e9e par son alliance avec les Almoravides, il \u00e9tend sa domination sur les salines d\u2019Awlil qui ravitaillent toute la r\u00e9gion en sel et sur Sangama dont le contr\u00f4le semble, selon les sources, lui avoir permis d\u2019avoir la mainmise sur une large zone allant du fleuve S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an Atlantique. Le Takrur conna\u00eet une extension tel qu\u2019il devient frontalier du N\u2019Galam.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Ba, des diff\u00e9rentes informations, il faut retenir la difficult\u00e9 d\u2019identifier les fronti\u00e8res du Takrur du temps des Manna comme ce fut le cas du temps des Jaa Ogo. On peut tout de m\u00eame trouver des \u00e9l\u00e9ments qui font l\u2019unanimit\u00e9 chez les auteurs dont les travaux ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s par l\u2019historien\u00a0: la situation du Takrur sur les deux rives d\u2019un fleuve (le fleuve S\u00e9n\u00e9gal apparemment)\u00a0; le caract\u00e8re urbain du site qui pourrait avoir eu ou non des murailles le prot\u00e9geant\u00a0; on y menait une vie centr\u00e9e sur le commerce avec la pr\u00e9sence d\u2019\u00e9trangers. Toutes ces informations incitent, de l\u2019avis de l\u2019auteur, \u00e0 des fouilles arch\u00e9ologiques sur la vall\u00e9e du S\u00e9n\u00e9gal pour affiner les connaissances sur ce territoire autour duquel na\u00eet un mythe, d\u00e8s lors qu\u2019il passe sous domination Mandingue \u00e0 la chute des Manna.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, l\u2019empire du Mali s\u2019\u00e9tendant, soumet le Takrur dont il en fait une r\u00e9gion au XIV\u00e8me si\u00e8cle. Alors, une confusion s\u2019installe, entretenue par plusieurs chroniqueurs arabes qui, au lieu de le voir comme un \u00c9tat avec ses diff\u00e9rents sites, le confondent au Mandingue ou encore \u00e0 toute la zone du Soudan occidentale. Parmi les auteurs de cette erreur, se retrouvent de grands noms comme le c\u00e9l\u00e8bre Alumri, t\u00e9moin, entre autres, du p\u00e8lerinage de Mansa Musa et de la coop\u00e9ration entre l\u2019Egypte et la zone soudanaise. Il fait de Mansa Musa, le roi du Takrur. On note \u00e9galement l\u2019un des chroniqueurs arabes les plus connus, Ibn Khaldoun qui int\u00e8gre le Takrur (dont il fait une simple ville), Silla et Ghana au Mali, mais localise curieusement les habitants du Takrur \u00e0 l\u2019Est du Kaw Kaw (que l\u2019historien W. D. Cooley trouve \u00eatre le Niger). Quant \u00e0 Al-Makrizi, le Takrur est tout simplement le Mali, voire, par extension, le Soudan occidental dans son enti\u00e8ret\u00e9. Enfin, Al-Kalkashandi, s\u2019inspirant de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, \u00e9tend les limites du Takrur aux fronti\u00e8res de Borno et en fait la capitale du Mali.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, cette confusion sur l\u2019identit\u00e9 du Takrur, devenu partie int\u00e9grante de l\u2019empire du Mali, n\u2019est pas entretenue que par les chroniqueurs arabes\u00a0; des intellectuels du Soudan occidental tombent dans la m\u00eame erreur \u00e0 force de suivre sans regard critique les premiers. Parmi eux, figurent en bonne place ceux de Jenne (Dj\u00e9n\u00e9) et Tombuctu. Tel est le cas d\u2019Ahmad Baba qui se r\u00e9f\u00e8re au savant et juriste musulman venant d\u2019Alg\u00e9rie, Al-Maghili, dont il a redig\u00e9 d\u2019ailleurs une biographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette confusion est entretenue jusqu\u2019en Egypte o\u00f9 elle trouve illustration dans un manuscrit de la Biblioth\u00e8que nationale du Caire qui constitue une lettre de Djalal ad-Din as Suyuti as Shafait \u00e0 ceux qu\u2019il qualifie de \u00ab\u00a0Sultans du T\u00e9krur en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb faisant ainsi de cet \u00c9tat toute une r\u00e9gion compos\u00e9e de divers \u00ab\u00a0sultanats\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ba avance de nombreuses hypoth\u00e8ses sur ce qui est \u00e0 l\u2019origine de cette m\u00e9prise sur l\u2019identit\u00e9 du Takrur ayant provoqu\u00e9 sa mythification. Il soutient qu\u2019au nombre de ces hypoth\u00e8ses, figure l\u2019inimiti\u00e9 des chefs des Etats situ\u00e9s au nord du fleuve S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Ghana, de Mali et de Songhai rest\u00e9s longtemps animistes par rapport au Takrur qui s\u2019islamise et se rapproche ainsi d\u2019eux sur le plan id\u00e9ologique. On verrait dans cette hypoth\u00e8se un sous-entendu selon lequel, les sources arabes venant de ce nord auraient privil\u00e9gi\u00e9 le Takrur islamique sur les autres Etats rest\u00e9s attach\u00e9s aux religions traditionnelles. Une autre hypoth\u00e8se suppose que cette confusion aurait un lien avec la diss\u00e9mination des Toucouleurs et des Peuls musulmans \u00e0 travers le Soudan occidental. Pour Ba, cette situation de cacophonie pourrait venir du fait qu\u2019au Hijaz (r\u00e9gion \u00e0 laquelle appartient la Mecque), l\u2019appellation \u00ab\u00a0Takruri\u00a0\u00bb (traduit comme \u00ab\u00a0ceux qui sont originaires du Takrur\u00a0\u00bb) s\u2019\u00e9tait impos\u00e9e pour d\u00e9signer les p\u00e8lerins venant, par groupes, de l\u2019Afrique occidentale. Il a fallu trouver donc un d\u00e9nominateur commun pour les d\u00e9signer, par commodit\u00e9, pour faciliter l\u2019identification sans avoir user des termes sp\u00e9cifiques pour les p\u00e8lerins de chaque \u00c9tat ou entit\u00e9 de la r\u00e9gion. Quoi donc de plus naturel que de choisir le nom de L\u2019\u00c9tat le plus familier\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, la derni\u00e8re hypoth\u00e8se soutient que la g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019appellation Takrur \u00e0 toute la r\u00e9gion serait due au souvenir de la richesse et du rayonnement de cet \u00c9tat qui a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9clipser le Ghana et \u00e0 s\u2019imposer \u00e0 la m\u00e9moire des acteurs du commerce transsaharien \u00e0 un moment o\u00f9 le Mali n\u2019avait pas encore connu l\u2019\u00e9clat qui a \u00e9t\u00e9 le sien apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de Soundjata Keita.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la premi\u00e8re partie concernant la discussion des sources sur la localisation et l\u2019\u00e9tendue du Takrur durant la p\u00e9riode qu\u2019il a choisie de couvrir dans son \u00e9tude (VI\u00e8me -XIII\u00e8me si\u00e8cle), Ba proc\u00e8de \u00e0 une analyse du peuple et du peuplement de l\u2019\u00c9tat. Pour ce faire, il entame sa d\u00e9marche par une mise au point dans laquelle il s\u2019efforce de lever une \u00e9quivoque entretenue par des chercheurs, surtout occidentaux, dont la d\u00e9marche est inspir\u00e9e du \u00ab\u00a0diffusionnisme\u00a0\u00bb, un paradigme scientifique h\u00e9rit\u00e9 de Hegel, aux m\u00e9thodes teint\u00e9es de pr\u00e9jug\u00e9s qui con\u00e7oivent les mouvements de population en Afrique comme des d\u00e9ferlements de marr\u00e9es humaines du Nord au Sud, d\u2019Est en Ouest. Cette conception dont il d\u00e9signe Michael Growder comme l\u2019un des tenants serait due, selon Ba, \u00e0 un mauvais traitement scientifique des l\u00e9gendes et mythes locaux qui mettent en avant des r\u00e9cits de mouvements de population dans le peuplement de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or si cette insistance sur des vagues de migrations dans les r\u00e9cits des chroniqueurs africains s\u2019explique, d\u2019un point de vue local, par la n\u00e9cessit\u00e9 pour les peuples qui en sont les producteurs de se rattacher \u00e0 des origines les valorisant (au Proph\u00e8te Muhammed et aux terres de l\u2019islam pour les peuples islamis\u00e9s de S\u00e9n\u00e9gambie par exemple), la doctrine coloniale en fait un outil de justification de sa mission de mise en ordre d\u2019un espace toujours caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019instabilit\u00e9, le d\u00e9sordre et l\u2019inconscience. Cette attitude \u00e0 laquelle il appelle ceux qui travaillent sur l\u2019histoire \u00e0 se m\u00e9fier et qui est, selon lui, l\u2019impact de la pens\u00e9e de Hegel sur la recherche scientifique des XIX\u00e8me et XX\u00e8me si\u00e8cles, affecte malheureusement \u00e0 la fois les africanistes et les africains eux-m\u00eames.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, l\u2019objectif affich\u00e9 par Ba, dans cette partie, est une d\u00e9construction de la th\u00e9orie de l\u2019invasion nomade en vogue dans les r\u00e9cits d\u2019historiens occidentaux \u00e0 travers ce qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0le ph\u00e9nom\u00e8ne de calque\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019on s\u2019efforce \u00e0 construire un antagonisme solide entre des nomades envahisseurs, vivant dans la pr\u00e9carit\u00e9 et des s\u00e9dentaires stables et pourvus de ressources que les premiers (les nomades) envient et pillent dans un grand d\u00e9sordre violent.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors qu\u2019il r\u00e9fute cette m\u00e9thode qui s\u2019apparente \u00e0 une forme de l\u00e9gitimation de la domination coloniale cherchant \u00e0 civiliser une Afrique d\u00e9sorient\u00e9e et anarchique, Ba peut s\u2019atteler \u00e0 l\u2019examen du peuplement du Takrur qui apparait sous sa plume comme une zone de contact entre divers peuples dont les rapports conflictuels ou paisibles sont dict\u00e9s, comme partout ailleurs, par les enjeux des alliances et des questions vitales li\u00e9es \u00e0 leurs activit\u00e9s et \u00e0 leur id\u00e9ologie. Ainsi, le Takrur, zone interm\u00e9diaire entre le Sahel et le Soudan met bien un lien entre nomades et s\u00e9dentaires. Les nomades jouent m\u00eame un important r\u00f4le dans le peuplement du Takrur, mais cette intervention ne prend pas la forme d\u2019un antagonisme tel que d\u00e9crit par les historiens occidentaux. Ici, on remarque plut\u00f4t des alliances entre nomades et s\u00e9dentaires qui luttent ensemble contre d\u2019autres nomades qui menacent leurs int\u00e9r\u00eats communs. Ainsi se r\u00e9alise, par exemple, la lutte contre les nomades Goddala dans une synergie entre populations s\u00e9dentaires et nomades pour \u00e9viter de perdre le contr\u00f4le de leur zone d\u2019action. Aussi, les Trarza nomades ne s\u2019attaquent pas qu\u2019aux s\u00e9dentaires du Waalo ou du Fuuta s\u00e9n\u00e9galais. Ils s\u2019en prennent aux tribus Brakna qui, comme eux, sont nomades.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les conflits entre nomades et s\u00e9dentaires sont ainsi li\u00e9s \u00e0 des questions strat\u00e9giques (politiques, \u00e9conomiques), les princes maures jouant aux entremetteurs dans le Fuuta et le Walo en fonction de leur int\u00e9r\u00eat plus qu\u2019\u00e0 une quelconque antinomie essentielle entre les deux groupes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un tel contexte o\u00f9 les rapports entre les populations sont fonction des questions strat\u00e9giques, il ne manque pas de se soulever la question de l\u2019environnement dans lequel elles vivent, parce que sa nature et les activit\u00e9s qu\u2019il autorise a forc\u00e9ment une incidence sur leur mode de vie et, de ce fait, sur leur fa\u00e7on de coexister. Aussi, Ba nous apprend-il que l\u2019aridit\u00e9 qui s\u2019installe au Sahara (entre 150 av. J.C. et le d\u00e9but du VIII\u00e8me si\u00e8cle) chasse les populations qui y vivaient vers le Sud, dans les pourtours du fleuve S\u00e9n\u00e9gal m\u00eame si certains groupes restent en se convertissant au nomadisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors, le Takrur, dont cette zone proche du fleuve est le lit, fait figure d\u2019eldorado, de terre d\u2019asile. On pourra ainsi dire que la base du peuplement du Takrur se constitue par cette descente de populations s\u00e9dentaires du sud mauritanien vers la vall\u00e9e du S\u00e9n\u00e9gal. Suivent cette migration de base, diverses r\u00e9adaptations et modifications dans l\u2019occupation de l\u2019espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais il faut souligner que malgr\u00e9 ces informations qui semblent donner une vue claire sur le peuplement du Takrur, celui-ci fait l\u2019objet de divergences entre les sources dont se sert l\u2019auteur pour l\u2019\u00e9tablir.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, les Bafours ont pu \u00eatre donn\u00e9s comme faisant partie des plus anciens occupants du Takrur. Si certaines sources en font des noirs, des chercheurs aveugl\u00e9s par la discrimination mettent en doute cette caract\u00e9ristique, prenant pour alibi le mode de vie de ce peuple ph\u00e9niciculteur ma\u00eetrisant les techniques d\u2019irrigation, pratiquant l\u2019\u00e9levage des chiens et des chevaux\u00a0; mode de vie que ne sauraient adopter, selon eux, des noirs. Un tel positionnement, remarque Ba, ne saurait \u00eatre acceptable. Pour lui, la connaissance ne pouvant \u00eatre l\u2019apanage d\u2019une race, la seule v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019on puisse \u00e9tablir quant \u00e0 l\u2019origine des Bafours est qu\u2019ils descendraient de l\u2019Afrique du nord, rien ne pouvant pr\u00e9juger de leur race.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres sources font des Sereer les premiers \u00e0 avoir habit\u00e9 le Takrur. Ce point de vue est soutenu par des d\u00e9couvertes faites dans des villages Sereer ainsi que les r\u00e9cits de ce peuple sur son origine, confirm\u00e9s par la toponymie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce questionnement sur les premiers occupants du Takrur fait surgir un autre relatif \u00e0 l\u2019identit\u00e9 des Jaa Ogo, connus comme \u00e9tant la premi\u00e8re dynastie r\u00e9gnante sur cet \u00c9tat. Seraient-ils ainsi des Sereer, des Galunkobe ou des Fadube\u00a0? De nombreuses hypoth\u00e8ses sont avanc\u00e9es, chacune avec ses forces et ses faiblesses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, pour M. Delafosse, les Jaa Ogo seraient des P\u00ebl (Peuls). Pour soutenir sa th\u00e8se, il se fonde sur le r\u00e9cit du chroniqueur S. A. Sow qui leur donne le patronyme Jaa (Dia). Cette th\u00e8se est reprise par plusieurs autres chercheurs sans v\u00e9rification, \u00e0 l\u2019exception de F. Brigaud qui dit avoir cherch\u00e9 \u00e0 prouver son authenticit\u00e9 \u00e0 Matam. Mais Ba remet en cause sa solidit\u00e9 car, dit-il, on pourrait objecter que Delafosse se fie uniquement \u00e0 Sow sans examen critique de son r\u00e9cit qui ne donne aucun gage de v\u00e9rit\u00e9. Il oppose alors au r\u00e9cit de Sow, l\u2019information de B. Gangue, inspecteur de l\u2019enseignement \u00e0 Podor qui lui a confi\u00e9 que Jaa, au lieu d\u2019\u00eatre un patronyme, est un titre. Aussi, il avance comme argument pour contredire Delafosse le fait que les Peuls du Takrur \u00e9taient des nomades alors que les Jaa Ogo \u00e9taient des ma\u00eetres en m\u00e9tallurgie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres sources, comme le manuscrit de Gaden, soutiennent que les Jaa Ogo seraient plut\u00f4t des Sereer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre, autant que pour l\u2019appartenance ethnique des Jaa Ogo, on note une contradiction entre les sources sur leur culture, leur fa\u00e7on d\u2019\u00eatre\u00a0: si Sow affirme qu\u2019ils \u00e9taient \u00e9volu\u00e9s, d\u2019autres auteurs comme Bokoum soutiennent qu\u2019ils \u00e9taient plut\u00f4t primitifs, fr\u00f4lant la sauvagerie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Ba, on pourrait conclure en partant de toutes ces hypoth\u00e8ses que les Jaa Ogo seraient un m\u00e9lange de Faduba et de Galunkobe (terme employ\u00e9 par les Peuls pour d\u00e9signer ceux qui ne parlent pas pular, les Sereer y compris). D\u2019ailleurs, pour montrer qu\u2019il n\u2019y a rien d\u2019\u00e9tonnant que les Jaa Ogo aient \u00e9t\u00e9 un m\u00e9lange d\u2019ethnies ayant form\u00e9 le peuplement du Takrur, il soutient que l\u2019\u00c9tat traditionnel africain plurinational n\u2019a pas de probl\u00e8me et que c\u2019est plut\u00f4t l\u2019\u00c9tat moderne, parce qu\u2019il a un substrat colonial, qui en poss\u00e8de, avec la pulsion de mort qui le caract\u00e9rise et \u00ab\u00a0tendant \u00e0 nier et \u00e0 \u00e9craser toute sp\u00e9cificit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb (p. 108).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, dans le Takrur, les Sereer, dont la pr\u00e9sence remonte \u00e0 des temps tr\u00e8s anciens, y cohabitent paisiblement avec les Lebu et les Subbalbe (un groupe socio-professionnel de p\u00eacheurs). Si on s\u2019attendait \u00e0 ce que ces derniers qui sont des gens de caste soient mis au bas de l\u2019\u00e9chelle, dans le Takrur, ils jouissent d\u2019\u00e9normes privil\u00e8ges\u00a0: ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme nobles, ont les meilleures terres, vu leur anciennet\u00e9 dans l\u2019occupation de l\u2019espace, conform\u00e9ment \u00e0 la r\u00e8gle qui y est de mise et qui stipule que la terre appartient \u00e0 son premier occupant. Les subbalbe sont aussi respect\u00e9s pour le savoir magico-religieux qu\u2019on leur pr\u00eate. Celui-ci leur permettrait, en effet, d\u2019affronter le g\u00e9nie de l\u2019eau. De ce fait, ils seraient ma\u00eetres du fleuve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux Lebu, nombreuses sources les voient comme originaires d\u2019Egypte sans qu\u2019une date de leur migration de l\u2019Est vers l\u2019Ouest ne soit donn\u00e9e. Toujours est-il que leur statut d\u2019anciens occupants du Takrur est attest\u00e9 par la toponymie de nombre de lieux qui longent le fleuve S\u00e9n\u00e9gal. Certaines sources notent m\u00eame que le mot Takrur serait une alt\u00e9ration de l\u2019expression Lebu \u00ab\u00a0Dekku Tuur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Ba, cette facilit\u00e9 de cohabitation de ces peuples tient \u00e0 une proximit\u00e9 parentale, \u00e0 des pactes d\u2019entraide et \u00e0 leur proximit\u00e9 culturelle : on note chez tous, par exemple, une similitude des g\u00e9nies pr\u00e9sents dans la sph\u00e8re magico-religieuse, des chants et de l\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 la lign\u00e9e matrimoniale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est de la question Toucouleur dans le peuplement du Takrur, elle s\u2019av\u00e8re complexe, note Ba. Elle mobilise deux camps. Le premier, auquel appartient Delafosse, en fait non seulement un groupe homog\u00e8ne pur, mais aussi les premiers autochtones du Takrur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des Sereer et des Walof (appel\u00e9s \u00ab\u00a0Makzara\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0la race noire\u00a0\u00bb par Al-Idrissi, par opposition aux Peuls). Toujours selon ce camp, la domination des Toucouleurs s\u2019\u00e9tendrait jusqu\u2019\u00e0 la fin du IX\u00e8me si\u00e8cle<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> et l\u2019arriv\u00e9e de la premi\u00e8re migration jud\u00e9o-syrienne qui prendra le pouvoir pour deux si\u00e8cles. Ce sont ces migrants qui seraient devenus l\u2019ethnie Peul en adoptant la langue des Toucouleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Ba, cette version ne convainc pas parce qu\u2019il estime qu\u2019elle est fond\u00e9e sur des pr\u00e9jug\u00e9s\u00a0: si l\u2019on pense que les migrants ayant pris le pouvoir au Takrur pour deux si\u00e8cles sont les Jaa Ogo, rien ne dit que ceux-ci sont des Peuls vu qu\u2019il est difficile de croire que ces derniers se r\u00e9clamant Haal pulaar (langue des Peuls) aient emprunt\u00e9 la langue d\u2019un autre groupe ethnique. Dans le m\u00eame sillage que Delafosse, C. A. Joop (Cheick Anta Diop) soutient que les Toucouleurs constituent un groupe homog\u00e8ne venu de la vall\u00e9e du Nil et se fonde, pour argumenter sa th\u00e8se, sur des \u00e9l\u00e9ments linguistiques et ethnographiques.\u00a0Mais Ba rejette \u00e0 nouveau cet argument en soulignant que les mots du lexique avanc\u00e9s comme preuve de proximit\u00e9 entre les Toucouleurs et les peuples de la r\u00e9gion de Nubie et d\u2019Abyssinie sont courants dans cette zone et appartiennent aussi \u00e0 des groupes ethniques sans liens pr\u00e9suppos\u00e9s avec les Toucouleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, dans ce camp, il a aussi \u00e9t\u00e9 soutenu que les Toucouleurs et les Peuls sont deux groupes provenant d\u2019une m\u00eame ethnie, les Peuls\u00a0: les toucouleurs seraient les Peuls s\u00e9dentaires tandis que les Fulb\u00e9s seraient les Peuls nomades. Ce qui n\u2019est pas s\u00fbr, selon Ba. Pour lui, en effet, les Toucouleurs reconnaissent leur parent\u00e9 avec les Fulb\u00e9s mais ne reconnaissent pas en faire partie. Aussi trouve-t-on dans l\u2019imaginaire toucouleur une peinture n\u00e9gative des Peuls qu\u2019ils traitent d\u2019ignorants. De leur c\u00f4t\u00e9, les Peuls aussi disent des Toucouleurs qu\u2019ils sont des mendiants quand ils ont faim. Ba ajoute aussi que le mariage est rare entre Peuls et Toucouleurs. Ainsi, le groupe \u00ab\u00a0Toucouleurs\u00a0\u00bb se serait r\u00e9ellement constitu\u00e9 au XIX\u00e8me si\u00e8cle avec la colonisation fran\u00e7aise\u00a0: le terme est alors en usage par les colons et le reste de la population s\u00e9n\u00e9gambienne pour d\u00e9signer ceux qui se disent \u00ab\u00a0Haal pulaar\u00a0\u00bb. Toucouleur ne serait aussi que la forme francis\u00e9e de Takruri.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le second camp, il faudrait plut\u00f4t voir les Toucouleurs comme un groupe issu de peuples disparates. Pour \u00e9tayer leur th\u00e8se, les tenants de ce camp partent des mots \u00ab\u00a0Takrur ou Takruri\u00a0\u00bb. Pour eux, en effet, le Takrur ou Takruri est l\u2019ensemble des composantes nationales du Takrur d\u2019une \u00e9poque floue\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sereer, Lebu, Walof, Soninke et m\u00eame Peuls. L\u2019apport maure serait venu s\u2019y ajouter pour former le groupe les Haal pulaar. Il est m\u00eame possible que Soninke, Seerer, Lebu, Walof et maures, \u00e0 travers les m\u00e9tissages biologiques et culturels aient donn\u00e9 naissance au groupe trans-ethnique que sont les Toucouleurs. L\u2019unit\u00e9 entre ces peuples se serait faite tardivement, au XVI\u00e8me si\u00e8cle, moment o\u00f9 la puissance des Fulbe monte suite \u00e0 l\u2019affaiblissement de l\u2019empire du Mali pour constituer le vaste empire Denyanke, alors qu\u2019ils n\u2019avaient form\u00e9 auparavant que de petits Etats \u00e9miett\u00e9s, s\u2019\u00e9tendant du fleuve S\u00e9n\u00e9gal au Fuuta Djallon en passant par les r\u00e9gions aurif\u00e8res du Haut S\u00e9n\u00e9gal. Cette p\u00e9riode correspond au moment o\u00f9 le Takrur devient le Fuuta et on note l\u2019assimilation des autres groupes par la langue pour donner les \u00ab Haal pulaar \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le peuplement, Ba s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la vie du Takrur sous le r\u00e8gne des diff\u00e9rentes dynasties qui se sont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 sa t\u00eate (3<sup>\u00e8me<\/sup>, 4<sup>\u00e8me<\/sup> et 5<sup>\u00e8me<\/sup> parties). Pour le r\u00e8gne des Jaa Ogo, il met l\u2019accent sur l\u2019\u00e9panouissement de la m\u00e9tallurgie. De nombreuses sources dont Brigaud, S. A. Sow et H. Gaden, attestent du lien entre les Jaa Ogo et le travail du fer. Ce qui d\u2019ailleurs prouve que cette dynastie est plus ancienne que le IX\u00e8me si\u00e8cle et la migration Peule auxquels les associe Delafosse. Ce qui semble ainsi juste, c\u2019est que la dynastie Jaa Ogo daterait des IV\u00e8me et V\u00e8me si\u00e8cles comme le prouvent les r\u00e9sultats de fouilles arch\u00e9ologiques relatives \u00e0 la m\u00e9tallurgie sur des sites comme Sincu Baro, proche d\u2019Ogo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, autant les donn\u00e9es g\u00e9ographiques que les sources orales attestent des conditions favorables \u00e0 une m\u00e9tallurgie du fer au Takrur. Si les textes arabes permettent de dater l\u2019exploitation de ces potentialit\u00e9s au XI\u00e8me si\u00e8cle, les fouilles arch\u00e9ologiques la font remonter au V\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019association du travail du fer \u00e0 la dynastie des Jaa Ogo met en valeur la caste des forgerons. Ce qui contraste avec la situation de ce groupe socio-professionnel depuis le XVI\u00e8me si\u00e8cle au moins, dans la soci\u00e9t\u00e9 Fuutanke, soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s hi\u00e9rarchis\u00e9e, peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine m\u00eame de ce type d\u2019organisation dans la S\u00e9n\u00e9gambie.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Jaa Ogo, venant donc d\u2019une caste d\u00e9sormais per\u00e7ue comme la plus basse, sont pr\u00e9sent\u00e9s par certaines sources sous des traits n\u00e9gatifs. Il faut voir dans cette pr\u00e9sentation d\u00e9pr\u00e9ciative, l\u2019effet de l\u2019id\u00e9ologie locale sur les chroniques qui rendent plus compte d\u2019une vision soci\u00e9tale du groupe auquel appartient le chroniqueur qu\u2019une simple narration de faits. Or, la soci\u00e9t\u00e9 porteuse de cette id\u00e9ologie cach\u00e9e derri\u00e8re les chroniques est musulmane et rejette ce qui rel\u00e8ve des croyances traditionnelles attach\u00e9es \u00e0 la dynastie des Jaa Ogo. Aussi, un chroniqueur comme S. A. Sow rel\u00e8ve de l\u2019aristocratie Torodo qui m\u00e9prise le forgeron. Pour s\u2019en convaincre, il suffit de comparer ces versions des \u00ab\u00a0nobles\u00a0\u00bb \u00e0 celle de C. M. Kamara qui n\u2019en fait pas partie et qui semble le seul \u00e0 regarder cette partie de l\u2019histoire du Takrur avec plus de discernement et pr\u00e9sente les Jaa Ogo de mani\u00e8re positive, comme des gens francs, s\u00e9rieux et courageux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout compte fait, le passage de groupe important dans la constitution de la communaut\u00e9 \u00e0 caste m\u00e9prisable semble se fonder sur des luttes politiques ou leur \u00e9chec a chang\u00e9 leur position. Cette hypoth\u00e8se est de M. Sarr. Il donne l\u2019exemple des Sonink\u00e9s dont les grandes familles islamis\u00e9es et li\u00e9es au commerce \u00e0 longue distance s\u2019opposent au pouvoir des Tunka \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie relevant des religions traditionnelles : les grandes familles \u00e9migrent en remettant en cause les traditions mettant sur le m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 forgerons et nobles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019un des enjeux des rapports humains dans la p\u00e9riode de r\u00e8gne des Jaa Ogo est le rapport \u00e0 la terre qui fait na\u00eetre des conflits entre groupes. En effet, bien que la terre soit un bien inali\u00e9nable, un h\u00e9ritage jalousement conserv\u00e9, elle fait l\u2019objet d\u2019accaparement par les diff\u00e9rents chefs qui la distribuent, en fonction des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques, \u00e0 ceux qui sont cens\u00e9s consolider leur pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La valeur de ces terres est fonction de leur fertilit\u00e9 pour la pratique de l\u2019agriculture. Ainsi, le Walo, plus proche du lit du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, fait l\u2019objet d\u2019une grande convoitise, vu le fait, qu\u2019inond\u00e9 de juillet \u00e0 novembre, l\u2019agriculture y est facile, le rendement \u00e9lev\u00e9. Par contre, le Jeeri, avec son faible rendement, parce que moins fertile et plus \u00e9loign\u00e9 du lit du fleuve est moins convoit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un contexte o\u00f9 la terre est aussi importante, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que le titre Jaa que porte la dynastie des Ogo ait un rapport avec la ma\u00eetrise de l\u2019espace\u00a0: terres de culture, terrains de parcours, zones de p\u00eache et sous-sol. Ainsi, Jaa signifierait \u00ab\u00a0ma\u00eetre de terre\u00a0\u00bb et serait comparable aux titres du m\u00eame genre chez les Mossi, Sereer et Manden. Jaa ogo signifierait \u00e9galement \u00ab\u00a0ma\u00eetre du fer\u00a0\u00bb pour indiquer l\u2019\u00e9tat de forgeron de la dynastie. Dans ce cas, le titre serait comparable \u00e0 celui des souverains de Ghana\u00a0: Kayagan ou \u00ab\u00a0ma\u00eetre de l\u2019or\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019essence de l\u2019\u00c9tat des Jaa Oga est l\u2019\u00c9tat diff\u00e9rentiel o\u00f9 chacun tient un r\u00f4le d\u00e9termin\u00e9. De ce fait, l\u2019entit\u00e9 \u00e9tatique ne peut se r\u00e9duire \u00e0 un groupe homog\u00e8ne. Il y faut une diff\u00e9rence qui fait que chaque entit\u00e9 a besoin de l\u2019autre\u00a0; une diff\u00e9rence certes, mais fond\u00e9e sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 et non sur l\u2019exclusion. L\u2019\u00c9tat Jaa Ogo est un \u00c9tat pluriethnique, plurilinguistique o\u00f9 r\u00e8gne la tol\u00e9rance religieuse\u00a0: l\u2019\u00c9tat unitaire en Afrique de l\u2019ouest ne serait donc que le fait de l\u2019influence arabo-musulmane et europ\u00e9enne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Manna succ\u00e8dent aux Jaa Ogo \u00e0 la t\u00eate du Takrur. Le fondateur de cette dynastie serait, selon S. A. Sow, Musa, connu sous le nom de Manna. Il serait venu de Mina au XI\u00e8me si\u00e8cle et porterait le patronyme Ba. Mais, d\u2019apr\u00e8s Delafosse, la dynastie Manna est d\u2019origine Soninke et War Jaabi en serait le premier ou le deuxi\u00e8me souverain. D\u2019autres sources leur donnent le patronyme de Niakate. Quelle que soit leur identit\u00e9, les Manna sont connus pour avoir solidifi\u00e9 leur pouvoir par le commerce transsaharien. Leur pouvoir se serait institu\u00e9 autour du XI\u00e8me si\u00e8cle dans un contexte o\u00f9 l\u2019or de la r\u00e9gion est au centre d\u2019enjeux politiques, id\u00e9ologiques et \u00e9conomiques entre le pouvoir abbasside et les Fatimides d\u2019Egypte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est des liens strat\u00e9giques, selon Al Bakri, les Takruri sont pr\u00e9sents \u00e0 la bataille de Tabfarilla aux c\u00f4t\u00e9s des Almoravides. Cette pr\u00e9sence, contrairement \u00e0 ceux qui la voient comme circonstancielle, doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme permanente, dit Ba, parce qu\u2019elle est le r\u00e9sultat d\u2019une alliance militaire o\u00f9 des soldats noirs, les Takruri, prennent part \u00e0 des batailles aux c\u00f4t\u00e9s des Almoravides. Ba note qu\u2019il ne faut pas se m\u00e9prendre sur le statut de ces noirs, comme le font certaines sources \u00e9crites les rabaissant \u00e0 la condition d\u2019esclaves enr\u00f4l\u00e9s de force par des n\u00e9griers arabes pour participer \u00e0 des batailles importantes comme celle d\u2019Espagne. M\u00eame si des esclaves noirs sont engag\u00e9s dans des campagnes militaires Almoravides, il y figurait des soldats noirs, de condition libre. <strong>La r\u00e9duction des noirs pr\u00e9sents dans ces campagnes \u00e0 la condition d\u2019esclaves r\u00e9sulte sans doute d\u2019un sens commun largement ancr\u00e9 qui renvoie tout le temps l\u2019image du noir \u00e0 l\u2019esclave alors que cette perception est loin de la r\u00e9alit\u00e9 dans le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 almoravide.<\/strong> En t\u00e9moignent la pr\u00e9sence de m\u00e9tis dans l\u2019aristocratie de cette dynastie et le port du voile, qui est un de ces signes distinctifs, par des noirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sence des Almoravides dans le Takrur se fait aussi de fa\u00e7on conflictuelle selon certaines sources. Cette conflictualit\u00e9 se traduit, par exemple, par l\u2019assassinat d\u2019Abu Bakr par un archer Sereer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sence Almoravides s\u2019\u00e9tablit \u00e9galement dans des liens matrimoniaux\u00a0: l\u2019anc\u00eatre des Njaay et fondateur de l\u2019empire Jolof est dit \u00eatre le fils d\u2019Abu Bakr Ibn Umar, religieux \u00e0 qui fut donn\u00e9e Fatima Sall, la fille du Lam Toro, Abrann. Il se peut que Fatimata Sall soit la descente de Lebbi Saal, le Lam Tooro, prince Takruri ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9ditionn de Tabfarilla. Aussi, \u00ab\u00a0Y. Jaaw \u00e9tablit la parent\u00e9 des Almoravides et des Peuls du Takrur \u00e0 travers trois g\u00e9n\u00e9rations\u00a0\u00bb (p.216).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne la vie religieuse au Takrur, on note, selon Ba, la cohabitation entre les religions traditionnelles africaines, conformes \u00e0 leur id\u00e9ologie fond\u00e9e sur l\u2019agriculture et la s\u00e9dentarit\u00e9 avec reconnaissance d\u2019une divinit\u00e9 supr\u00eame (Roog Seen chez les Sereer, par exemple) associ\u00e9e \u00e0 des divinit\u00e9s jug\u00e9es plus proches, des esprits interm\u00e9diaires (Pangols chez les Sereer) avec l\u2019islam qui y est arriv\u00e9 au moins avant 1040.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le facteur qui a favoris\u00e9 l\u2019implantation de l\u2019islam serait la d\u00e9structuration de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle avec l\u2019av\u00e8nement de la pratique du commerce. En effet, d\u00e8s lors que la d\u00e9pendance \u00e0 la terre d\u2019une bonne partie de la population est rompue, il devient ais\u00e9 de se d\u00e9tacher des divinit\u00e9s cens\u00e9es assurer la bonne marche de l\u2019agriculture pour adopter l\u2019islam qui est d\u2019abord une religion de commer\u00e7ants et de nomades. A retenir que l\u2019islam et le paganisme ont cohabit\u00e9 dans le Takrur, souvent dans la paix, m\u00eame si elle est parfois conflictuelle. L\u2019islamisation de la zone n\u2019est pas uniforme en fonction des r\u00e9gions et des corps professionnels et \u00e9volue de fa\u00e7on al\u00e9atoire jusqu\u2019au moment de la conversion du chef Waar Jaabi, p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019apog\u00e9e de l\u2019islam au Takrur. L\u00e0, les textes \u00e9crits rejoignent les sources orales Walof et Fuutanke qui font \u00e9tat d\u2019une conversion d\u2019un Lam Toro, comme mentionn\u00e9 plus haut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux XI\u00e8me et XII\u00e8me si\u00e8cles, l\u2019islam, pris au plan individuel, fait figure d\u2019un syncr\u00e9tisme, signe d\u2019une adaptation de la religion de Muhammad aux cultures locales sans que les populations n\u2019abandonnent ainsi leurs civilisations pour adopter enti\u00e8rement la culture arabo-musulmane. Mais, d\u2019un point de vue politique, l\u2019islam est un instrument de pouvoir qui dicte une subdivision du territoire en deux zones distinctes : une zone des infid\u00e8les o\u00f9 il est l\u00e9gitime de mener la guerre sainte (Dar al harb) et une zone d\u2019islam, synonyme de paix (Dar al salam). Ce qui a pour effet le pillage des zones non musulmanes du Takrur dont les populations sont r\u00e9duites en esclaves et vendues en Afrique du Nord.\u00a0 Cette situation contraste avec l\u2019avant XI\u00e8me si\u00e8cle o\u00f9 cohabitaient populations animistes et populations musulmanes non pros\u00e9lytes et sans assise militaire solide. Cette nouvelle donne cause l\u2019exode de populations animistes vers le sud pour fuir face \u00e0 une force si fulgurante alli\u00e9e aux puissants Almoravides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, au XIII\u00e8me si\u00e8cle, le pouvoir des Manna prend fin. Il n\u2019existe pas de sources \u00e9crites arabes sur cette fin de r\u00e8gne. Mais des sources orales font \u00e9tat d\u2019une chute caus\u00e9e par le despotisme et la d\u00e9viance de Manna Maxan, dernier de la dynastie dont les exactions et autres errements auraient fini par exasp\u00e9rer les populations\u00a0: elles lui auraient alors tendu un pi\u00e8ge pour le noyer \u00e0 l\u2019aide d\u2019une pirogue. Mais, avant m\u00eame cette chute de Manna Maxan, le pouvoir de la dynastie \u00e9tait largement titubant. En fait foi, l\u2019agitation dans les r\u00e9gions extr\u00eames orientales et occidentales qui \u00e9chappent \u00e0 leur contr\u00f4le. On assiste ainsi \u00e0 la constitution du royaume Walof \u00e0 l\u2019Ouest et aux vell\u00e9it\u00e9s d\u2019ind\u00e9pendances de Barisa \u00e0 l\u2019Est selon Ibn Said.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors, le Takrur fait les frais de l\u2019expansion de l\u2019empire du Mali comme l\u2019attestent les sources orales et arabes. Le Takrur est plac\u00e9 sous la tutelle des Tonjons, guerriers issus de castes li\u00e9es aux Keita, souverains du Manding. Ces Tonjons apparaissent, non pas comme une dynastie, mais comme un corps de fonctionnaires au service de l\u2019empereur. Ils constituent \u00e9galement une arm\u00e9e de m\u00e9tier, vivant des contributions impos\u00e9es aux populations et prennent l\u2019image d\u2019une aristocratie r\u00e9gnant sur le Takrur par la violence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Une p\u00e9riode de d\u00e9but de cette domination n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 de la th\u00e8se intitul\u00e9e\u00a0Le Takrur\u00a0: des origines \u00e0 la conqu\u00eate par le Mali (VI\u00e8me\u00a0? \u2013 XIII\u00e8me si\u00e8cle), doctorat de 3\u00e8me cycle pr\u00e9sent\u00e9 par Ba Abdourahmane sous la direction du Pr J. 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